La situation de l’AFPA (mais aussi celle de la Formation Professionnelle dans son ensemble, GRETA et Lycées Professionnels compris) en est arrivée à ce que Force Ouvrière a toujours dénoncé et combattu, à savoir la dernière étape avant une régionalisation / privatisation programmée depuis longtemps déjà.
Ce processus qui fait désormais l’objet d’un large consensus politique consacre la fin de l’égalité de droits reconnus à tous les citoyens sur l’ensemble du territoire national en matière de formation professionnelle.
Il remet en cause la possibilité d’acquérir un Titre ou un Diplôme professionnel, seuls garants d’une réinsertion professionnelle pérenne par le lien entre formation, conventions collectives et fiche de paye.
Le démantèlement de cette AFPA, symbole de la « seconde chance », portant historiquement et culturellement cette mission, s’inscrit dans une volonté ultralibérale de baisse à tout prix du coût du travail pour se conformer aux demandes de l’Europe des Marchés.
Si rien n’est fait, rapidement et de façon collective, pour s’opposer à ce démantèlement imminent, le sort d’une AFPA nationale, au sein d’un Service Public national de la Formation Professionnelle, semble scellé.
En effet, cette régionalisation annoncée en CCE « hors Procès-verbal » mais pas hors micro, par notre directeur général, (accompagnée de l’hypothétique conservation d’une « structure-chapeau nationale » ?), est par ailleurs : préconisée d’un coté par le rapport Larcher (sous la réserve d’exclusion de la compétence Emploi), attendue par les Conseils Régionaux et décrite explicitement dans le document intitulé « Acte III de la décentralisation » publié par l’Association des Régions de France (compétence Emploi cette fois comprise).
Force Ouvrière alerte les salariés de l’AFPA sur le fait que cette régionalisation / privatisation porte en elle le risque :
d’une baisse drastique et inégale en fonction des régions, de l’activité actuelle de l’AFPA,
d’une banalisation de nos activités nous renvoyant à un statut « lambda » d’Organisme de Formation régional,
d’une diminution importante des emplois, et d’une remise en cause rapide des droits collectifs du personnel,
d’une disparition pure et simple de l’association, à l’image de ce qui s’est passé avec l’AFPA Guadeloupe.
Face à cette situation qui ne peut aboutir qu’au démantèlement de l’AFPA, les revendications de Force Ouvrière sont de pleine actualité :
Maintien d’une AFPA nationale subventionnée par l’Etat,
Abrogation de l’article 13 de la loi d’août 2004 concernant l’AFPA,
Maintien de la politique de délivrance du titre professionnel au sein de l’AFPA et, plus généralement, au sein du ministère,
Arrêt des fermetures de formations,
Maintien des services associés,
Retour d’un vrai service d’orientation,
Maintien de toutes les garanties collectives des personnels,
Arrêt du non remplacement systématique des départs,
Maintien et développement du dispositif itinérant,
Respect de l’obligation de résultats en matière de santé et de sécurité.
C’est sur cette base, et dans la continuité des revendications exprimées en mai 2008 par le personnel et l’ensemble des organisations syndicales de l’AFPA, que Force Ouvrière s’adresse à celles-ci et à tous les salariés pour préparer la riposte dans l’unité.
Montreuil, le 9 mai 2012.