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Publié le 28/10/2016

Avec l’EPIC, l’Etat remplit son devoir de sauver l’AFPA ? Force Ouvrière l’affirme : NON !

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Le premier, c’est son désengagement total en matière de Formation Professionnelle au profit des Régions, réaffirmant, que celle-ci relevait du marché concurrentiel, au gré de politiques régionales hétérogènes.
Le Ministre du travail lui-même avait alors confirmé ce diktat : « l’AFPA reste un organisme de formation dont 80% du métier est soumis au droit de la concurrence ». En clair, l’État a choisi le « marché » plutôt que le Service Public.
La question de savoir si l’État veut réellement sortir l’AFPA de l’ornière reste donc posée. C’est même la seule question qui vaille aujourd’hui si l’on veut éviter le démantèlement proche, déjà annoncé par certains (conseils régionaux et Medef réunis).

Le second choix, c’est celui qui prévoit, par ordonnance et décret, le changement statutaire de l’AFPA avec pour conséquence une scission de celle-ci en deux entités à savoir un EPIC et sa filiale.
Celle-ci est unique pour l’heure mais... à quand la multiplication en autant de grandes Régions, à quand le passage dans la filiale de toutes les activités de formation, quelles qu’elles soient ?
Pour cette transformation structurelle ne règlera, en aucune façon, le problème endémique d’une activité décroissante. Nous affirmons qu’elle va même venir compliquer une situation déjà plus que difficile : un EPIC devra, conformément à l’exigence européenne, se débrouiller seul, sans l’aide directe de l’État, sous peine d’être taxé de concurrence déloyale.
Impossible ainsi de continuer à faire des déficits chroniques similaires à ceux que nous connaissons depuis quelques années, singulièrement depuis le début de l’exercice de la présidence BAROU.

De plus, ces choix hasardeux ignorent la réalité : l’expert-comptable du CCE, le cabinet Apex, estime à 250 M€ minimum la somme nécessaire au démarrage de l’EPIC pour couvrir les pertes futures, les besoins immédiats de trésorerie et une partie du passif.
Or, c’est ce que se refuse à engager l’État, obérant ainsi toute possibilité de redressement de l’AFPA, toute capacité réelle à se pérenniser au niveau d’aujourd’hui, au-delà de 2017.
A l’évidence, la seule marge de manœuvre, pour équilibrer un tant soit peu les comptes, reste la réduction des charges, donc celle de la masse salariale, donc le niveau des emplois et en conséquence la qualification même des futurs contrats de travail (CDI... exit !!!).

A ce jour, le seul pseudo-avantage à passer en EPIC resterait donc la dévolution du patrimoine.
Là encore, Force Ouvrière affirme que cette dévolution ne règlera rien ! Elle sera tout juste capable de n’ajouter qu’une instabilité économique supplémentaire car l’AFPA n’a toujours aucune capacité à autofinancer le moindre investissement immobilier, la moindre mise aux normes, la première des mises à jour des plateaux techniques nécessaires.
Rien ne sera donc possible sans des financements régionaux qui voudront trouver, en échange de leur éventuelle participation, des compensations de gouvernance et de gestion augmentées...
Cette coquille vide, que représente ce projet d’EPIC, sera ainsi plus un boulet qu’une aubaine, plus un outil de casse qu’un stratagème de pérennisation… !

En matière de conditions de travail, les conséquences désastreuses induites par ce projet restent posées : l’IC CHSCT a tranché sur le sujet et donné un avis négatif.
Faut-il que la direction s’obstine, malgré l’avis défavorable des personnels et de ceux qui les représentent ? Si oui, elle engagera alors, seule, sa responsabilité, et celle de ses dirigeants, vis-à-vis du devenir de plus en plus incertain, voire précaire de notre institution.

Il faudra bien rendre, tôt ou tard des comptes aux salariés !

Pour Force Ouvrière, le vrai problème de fonctionnement de l’AFPA à ce jour est le manque d’effectifs dans toutes les catégories d’emploi, pas un problème d’organisation, de structure ou de statut.

Pour Force Ouvrière, aider les salariés de l’AFPA aujourd’hui, c’est les aider à se mobiliser contre ce rouleau compresseur de la récession sociale qui se traduit par la disparition programmée de notre institution, car trop emblématique encore de ce qu’il reste du service public dans notre secteur.

Pour Force Ouvrière, aider les salariés de l’AFPA aujourd’hui c’est aller avec eux au combat, ce n’est pas les aider à aménager la meilleure des fins possibles pour notre institution, seule perspective qui nous est ouverte aujourd’hui par le gouvernement en place.

a donc voté contre le projet de transformation statutaire de l’AFPA, dans tous ses aspects, appellera, avec sa Fédération et sa Confédération, à la mobilisation du personnel avec comme slogan, encore et toujours, « sauver l’AFPA, un devoir de l’État  ».
De l’Etat, pas de ces fallacieux « pouvoirs publics », définition volontairement vague masquant la réalité, territoriale, de pouvoirs qui, depuis la régionalisation de la Formation Professionnelle, mettent l’AFPA en coupe réglée, au bord de la faillite.

Voilà la seule étape qu’il reste vraiment à franchir, cela avant des élections politiques qui ne feraient alors qu’entériner les attentes des régions et du Medef réunis, à savoir la filialisation de toutes nos activités de formation et/ou la mainmise région par région sur notre fonctionnement et notre gestion !

Seule la mobilisation du personnel et la grève massive des personnels restent aujourd’hui capables d’infléchir l’épilogue final tant attendu par tous les tenants du « marché » !
Force Ouvrière prendra donc toutes ses responsabilités dans cette période cruciale
pour la survie de notre AFPA et appelle, d’ores et déjà, à organiser partout des assemblées générales du personnel pour préparer la résistance  !

Montreuil, le 28 octobre 2016.


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