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Publié le 15/04/2016

Déclaration Force Ouvrière au CCE extraordinaire du 14 avril 2016

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Le fait que le représentant de au Conseil d’Orientation ait voté pour la reconduction de votre présidence n’emporte évidemment pas un accord sur la politique menée.

Cela ne fait que témoigner que notre confédération ne pousse pas au pire (quoi qu’en pense certains) et qu’elle refuse de mettre notre institution devant le risque d’un vide de la gouvernance comme solution à une politique d’entreprise qu’elle juge et déclare, par ailleurs, risquée et non adéquate, ne pouvant mener qu’à la mise en danger d’une AFPA nationale et de service public.

rappelle, pour mémoire, que les Organisations Syndicales ont rencontré, successivement, le directeur général le 23 mars, sur le sujet économique qui devait être abordé lors du CCE ordinaire de mi-mars (unilatéralement annulé par vos soins), et le directeur général adjoint le 5 avril, sur le sujet des évolutions statutaires.

Dans l’une et l’autre de ces rencontres, vos collaborateurs de top niveau, s’ils ont cherché à « calmer le jeu », ont renvoyé à plus tard informations chiffrées ou non, ainsi qu’annonce de décisions susceptibles de faire l’objet d’une consultation.

Outre le fait que l’on nous rebat les oreilles d’un « dialogue social » qui n’a jamais aussi peu existé (je vous rappelle que reporter unilatéralement un CCE est une première dans l’histoire des relations sociales à l’AFPA), notre délégation considère que, au-delà du peu de considération (pour employer une métaphore) que vous accordez au rôle des IRP, vous êtes en train de mettre ceux-ci dans une seringue de votre façon…

En effet, on nous répète à l’envi que (en raison des 18 mois maximum alloués par la loi pour sa mise en œuvre ainsi que des échéances électorales législatives de 2017) la date du 1er janvier est bloquée pour un démarrage obligatoire de cet EPIC réputé salvateur.

Tout sursis apporté aux informations-consultations que vous devez aux IRP (CCE et instance de coordination des CHSCT) ne peut donc être interprété que comme un empêchement croissant pour celles-ci à pouvoir se prononcer en temps utile et en toute connaissance de cause, sur des changements imposés, résultats d’une stratégie bien plus politique qu’entrepreneuriale !

Il est vrai que vous n’en êtes pas à un droit d’alerte près puisque vous considérez que ces IRP, hélas indépassables pour l’heure, ne sont utiles, encore, qu’au seul titre de chambres d’enregistrement de vos décisions et de celles, toujours attendues par vous et toujours hypothétiques, d’entités politiques gouvernementales et européennes… !

Pour revenir sur le fond, la délégation Force Ouvrière, qui écoute, avec un peu d’impatience certes, les arguments fluctuants servis au fur et à mesure des avancées laborieuses d’une négociation AFPA/Etat qui n’en finit pas, ne peut que constater que l’EPIC projeté voit de jour en jour, pour des raisons d’acceptation européenne, son périmètre se racornir comme « peau de chagrin ».

En effet, de l’aveu même du DGA, les avantages qui auraient pu en découler, sont infirmés les uns après les autres : garantie de l’Etat disparue, capitalisation par le patrimoine ayant perdu tout intérêt financier réel (voire même celui de simple caution bancaire) sont désormais à ranger au magasin des arguments abandonnés.

La délégation s’interroge donc sur l’intention réelle qui prévaut à la poursuite de cette marche forcée à un EPIC qui n’a plus pour seul intérêt que celui de la création d’une filiale pour laquelle nos questions, concernant sa survie économique et au-delà, n’ont rencontré aucune réponse argumentée. Elles n’ont obtenu même, pour seule réponse, qu’une agression verbale caractérisée du DGA. Il est à croire qu’elles auraient touché à un point inavouable de votre stratégie de retour à l’équilibre.

En effet, nous affirmons (avec tous et avec vous d’ailleurs) que, EPIC ou non, c’est le seul résultat économique issu d’une activité retrouvée et garantie, qui permettra à l’AFPA de continuer à exister sur le terrain du service public.

Dans le cas contraire, il est alors à croire que la SCIC servirait de marge de manœuvre pour un PSE qui ne dirait pas son nom. Efficacité immédiate avec la mise en œuvre à grande échelle de la seule marge de manœuvre avec laquelle vous jouez depuis le début, à savoir la réduction de charges et en tout premier lieu celle de la masse salariale !

La réduction serait alors cette fois drastique…

L’année 2015 a été qualifiée par nos mêmes interlocuteurs, DG et DGA, de catastrophique et nous savons que le premier trimestre 2016, selon tous les indices que nous pouvons glaner de droite et de gauche en l’absence d’informations de votre part, se situerait à environ à 30% de production en dessous de ce résultat catastrophique.

Devant cette débâcle, le plan 500 000 (1 million désormais ?) nous a été déclaré, à juste titre, comme incontournable pour notre sauvegarde.

Devant le constat qu’il tarde à démarrer (nous sommes déjà à la mi-avril et au vu de la rapidité de sa mise en place, nous nous permettons de supposer qu’un démarrage en septembre cela ne ferait jamais qu’un trimestre d’activités supplémentaires…), nous attendons de vous quelques éclaircissements sur sa mise en œuvre :

 Combien de parcours pour l’AFPA et de quelle durée ? Avec quelles organisations techniques et pédagogiques ? Existantes ? A développer ? Sur quels secteurs de formation, dans quels centres et avec quels formateurs ? Avec quel personnel administratif ?

Et, question subsidiaire restant aussi en suspens, après ?

En fin 2017, avec des régions fusionnées, disposant de moins en moins de crédits et jouant quasi exclusivement sur le ressort de la concurrence prix, avec un marché privé en récession (tout au moins sur ce qui fait le cœur de nos compétences), comment ferez-vous alors ?

Quel changement de statut, quel coup de baguette magique pour nous « sortir d’affaire » ?

Même dans l’éventualité de l’effacement d’une dette abyssale (350 M€… ?) avant la fin de l’année (ce qui reste à obtenir sans que cela ne soit considéré comme un avantage concurrentiel insurmontable du point de vue européen) mais avec l’impossibilité pour l’Etat, à dater de la création de l’EPIC, de procéder à notre éventuel renflouement, sans ce retour d’une activité fléchée suffisante, la délégation doute que vos solutions, qui désormais nous enferment dans un carcan légal, permettent de conserver une AFPA dans l’état d’aujourd’hui.

Pour conclure très momentanément, c’est parce que nous nous permettons, à Force Ouvrière, de dire cela lors de réunions dites d’informations, « contrariant » la direction sur des annonces qui n’ont eu jusqu’à présent pour seul résultat que de voir l’AFPA en récession, d’année en année, que nous nous voyons taxer de n’attendre que (je cite) «  la fin de l’AFPA pour nous réjouir… ».

Je n’aurais pas l’indécence de vous rappeler que les salariés de l’AFPA, dont nous sommes, n’ont pour la plus grande majorité que leurs salaires (en baisse d’année en année) pour seuls revenus, celle de vous rappeler le rôle de premier plan qu’a tenu notre confédération auprès du gouvernement actuel tout au long de ces dernières années, n’ayant de cesse que de relancer les discussions sur le sujet AFPA, et de vous indiquer que pour mener un dialogue, même social soit-il, il est de bonne pratique de ne pas insulter certaines des représentations des salariés !

Tout particulièrement celles appartenant à une organisation qui vous contrarie et pense que vos solutions ne sont pas les bonnes, toutes inspirées par des orientations idéologiques transpirant aujourd’hui autour du projet de loi, prétendument intitulé, Travail !

Aussi, devant ce comportement clairement discriminatoire à l’encontre d’une organisation libre et indépendante, même si c’est cela qui au fond vous chagrine, nous réitérons la demande de notre Commission Exécutive : que le DGA retire des propos insultants envers notre organisation.

Sans cela, nous considérerions que se trouverait, de fait, exclue des organisations déclarées licites dans cette institution.

Nous saurons alors en prendre acte et en tirer les conséquences qui s’imposent.

Et nous n’attendrons pas indéfiniment !

En fin de CCE, suite à notre demande réitérée auprès du DGA, celui-ci a retiré publiquement des propos insultants à l’égard de notre délégation et de la réalité de notre engagement à défendre et à préserver l’AFPA.

Dont acte et fin de l’épisode concernant cet incident mais cela ne modifiera, en rien, nos positions et nos revendications pour l’avenir.



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