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Publié le 13/03/2017

Échos des syndicats - SFNFO FPA

L'AFPA ? Une histoire de service public

L’AFPA ? Une histoire de service public
 (Première partie)

A la fin des années 30, dans le cadre du Comité interministériel, la formation professionnelle change de nature : elle devient un des volets de la politique de main d’œuvre de l’Etat qui affirme ainsi ses prérogatives en codifiant la formation professionnelle des chômeurs. Pour sa part, la Fédération des Travailleurs des métaux (CGT), à l’initiative de son secrétaire général Ambroise Croizat (futur ministre du Travail en 1945) ouvre un centre de formation professionnelle à Paris. Tous les divers centres sont financés par le ministère du Travail. Est posée, pour la première fois, la nécessité de tests préalables à l’entrée en formation. La méthode pédagogique, mise au point par l’ingénieur suisse Alfred Carrard dans la lignée des théories de Jean Piaget, mêlant apprentissage pratique et psychotechnique, devient la référence. Les dispositions du 12 novembre 1938 complétées par le décret-loi du 6 mai 1939 constitueront le cadre administratif et financier de la formation professionnelle jusqu’en 1946.


C’est dans la trace des conquêtes ouvrières de 1936 qu’ont été posées les bases du futur service public de la Formation professionnelle.

A partir de 1945, la France vit dans l’urgence de la reconstruction : en 1946, le droit à la formation professionnelle figure, pour la première fois, comme le droit à la sécurité sociale, dans le préambule de la constitution : «la nation garantit l’égal accès de l’enfant et de l’adulte à l’instruction, à la formation professionnelle et à la culture». Ces dispositions constitutionnelles figurent dans le préambule révisé en 1958, toujours valide aujourd’hui... il faut former, en nombre, des ouvriers du bâtiment, bientôt des «métallos». L’ANIFRMO (association Nationale interprofessionnelle pour la Formation Rationnelle de la Main-d’œuvre) est créée et devient gestionnaire unique par le décret du 11 janvier 1949.

La mise en œuvre de ce droit fait partie intégrante des acquis du Conseil National de la Résistance.

Le tripartisme (Etat, employeurs, salariés) devient le mode de constitution du Conseil d’administration de la FPA. A dater de 1949, le ministère du Travail exerce seul le pouvoir sur une association à vocation nationale. Les activités de l’ANIFRMO se diversifient : après les premières formations tertiaires, des formations de techniciens en électronique voient le jour (1957).

Votée le 31 juillet 1959, la loi Debré instaure la «promotion sociale» qui participe d’une idéologie de mobilité sociale, de seconde chance : «la promotion individuelle ne suffit pas, elle doit être complétée par un effort de promotion collective». Les temps ont changé ! Le discours politique d’aujourd’hui parle d’«utilité sociale» et de mise en œuvre régionale de la FPA. Le caractère originel de service public national est désormais absent !

En décembre 1965, l’association pour la Formation Professionnelle des adultes (AFPA) succède à l’ANIFRMO. La transformation en EPIC ou EPA est écartée : elle aurait signifié la fin de la gestion tripartite.

Une «obligation nationale» adoption le 3 décembre 1966, de la loi faisant de la formation professionnelle une «obligation nationale» pour faire face aux nécessités économiques. L’AFPA nouvelle déménage à Montreuil et se réorganise pour répondre aux objectifs de modernisation t d’industrialisation de la formation posés par l’Etat. Se mettent en place dans le même temps, avec la nomination de 5 délégués régionaux (qui de fonctionnels deviendront hiérarchiques), les prémices d’une décentralisation des pouvoirs de gestion et celle de la pédagogie avec la création de centres pédagogiques et techniques régionaux. Le partenariat avec la récente ANPE se met en place et, pour la seconde fois, on évoque qu’à cette occasion le statut juridique de l’AFPA pourrait s’aligner sur celui de la nouvelle agence (EPIC). Cette proposition est de Jacques Chirac, alors secrétaire d’Etat aux affaires sociales et favorable, déjà, à la mutation des psychologues de l’AFPA vers l’ANPE... Le gouvernement passe commande de nouveaux stages dits de préformation susceptibles d’amener de jeunes stagiaires au niveau requis pour l’entrée en formation qualifiante.

Une fois encore, l’AFPA et ses personnels évoluent pour répondre aux besoins de l’Etat... La loi du 16 juillet 1969 (Jacques Delors) donne naissance à la Formation professionnelle continue et institue un droit à la formation inscrit cette fois au Livre IX du Code du Travail. L’AFPA, plus grande institution de formation en France et en Europe, joue son rôle dans ce nouveau cadre pendant les années qui suivent, à la satisfaction de tous et en premier de l’Etat, avec une significative augmentation de sa population stagiaire (de 18 000 en 1948 à 70 000 en 1983...). La période «faste» va se poursuivre jusqu’en2004, avec une augmentation des activités, une hausse continue des crédits de fonctionnement ainsi que celle des subventions allouées par l’Etat. Ainsi, un contrat d’objectifs puis un premier et un second contrat de Progrès viennent accompagner ces engagements. Cette progression, en parallèle avec la montée du chômage, voit les champs de compétence de l’AFPA s’élargir encore.

Mais les nuages commencent à s’amonceler : suite aux lois de régionalisation des 2 mars 1982 et 7 janvier 1983, la responsabilité de la formation professionnelle est, pour une large part, transférée aux régions. Le 1er janvier 1990 sont ainsi créées 22 directions régionales...

L’Etat se lance, avec la loi MAUROY de 1982 portant sur la décentralisation, dans le processus qui arrive à terme aujourd’hui avec le démantèlement de l’association et la création de cette agence EPIC et de ses deux filiales.

(à suivre...)

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